Le Prix du Livre Nohée 2026 est décerné à Alexis Salatko pour L’Enfant à la tête baissée (Denoël), un récit très personnel sur l’enfance, la résilience et le pouvoir réparateur de la littérature.

Présidé par Brigitte Fossey, le jury l’a choisi parmi trois finalistes sélectionnés en amont par les résidents des Clubs de Lecture Nohée, face à Michaël Dichter (On l’appelait Bennie Diamond, Les Léonides) et Louis Raymond (Loin du Mékong, Calmann-Lévy).

Créé en 2020, le Prix du Livre Nohée, doté de 5 000 €, récompense chaque année un roman ou un récit en langue française autour des thèmes de la famille et de la transmission.
Propos du jury
« Il a fallu que l’auteur laisse passer un très long moment de sa vie, avant d’être prêt à écrire un livre sur sa maladie cachée. Cet enfant qui ne pouvait pas manger devant les autres a en réalité tout avalé, tout retenu, et il lui a fallu beaucoup de temps pour le restituer. Ce livre raconte la naissance d’une écriture, c’est-à-dire d’une voix. Qu’on soit malade ou non, écrire, c’est déjà guérir de n’être que ce qu’on est. » Brigitte Fossey
« Au bout de trois ou quatre pages, je me suis dit : ce sera mon préféré. Le ton y est, les formules font mouche à chaque fois, c’est drôle, inventif, joyeusement foutraque. L’auteur est vraiment là, dans son style et dans sa façon de mener le récit, et l’on croise des personnages qu’on n’oublie pas. Cette tête penchée pourrait d’ailleurs être celle du lecteur sur son livre. » Philippe Grimbert

« J’ai beaucoup aimé ce livre, très touchant, qui m’a procuré beaucoup d’émotion. Quand on le commence, on se dit que cet enfant est mal parti… Et puis, grâce à l’écriture et notamment à sa rencontre avec Jacques Prévert, il va s’en sortir. C’est un très beau livre sur la résilience. » Francesca Mantovani
« Concernant l’écriture, il y a des passages vraiment brillants, d’autres où il raconte, et le fait que ces deux écritures se mêlent est très intéressant. J’ai aimé cette famille dysfonctionnelle, et le personnage de sa mère m’a souvent fait sourire. Pour moi, c’est davantage un récit qu’un roman de la transmission. » Pascale Senk
« J’ai coché cent pages et pris des tas de notes. Il n’y a pas une page sans une référence à la littérature, au cinéma, à la peinture ou au théâtre, au point que je me suis senti inculte ! J’ai d’abord cru lire un conte, façon Alice au pays des merveilles, avant de découvrir que c’était une autobiographie. C’est un livre si riche qu’il m’a fallu réfléchir pour mesurer ce que j’en pensais. » Éric Bouhier
