Comme régulièrement, je vous fais le point sur mes dernières lectures. Merci aux éditeurs pour l’envoi des ouvrages. Aujourd’hui, on parle de Skara, chasseuse de monstres T1, Glitchs, Kariba et le tome 2 de l’intégrale de Picsou par Don Rosa.

Mon avis sur Skara, chasseuse de monstres – Tome 01 de Jérôme Le Gris et Letizia Depedri (Glénat BD)

Skara est une jeune viking qui a reçu à la naissance un talent rare et divin : le don du Loup. Ce don fait d’elle une redoutable guerrière pouvant tenir tête à n’importe qui malgré son jeune âge ! Après la mort de sa mère – tuée par des pillards – Skara, emportée par la colère et le désespoir, incendie accidentellement un temple sacré d’Odin. Le brasier ravageur ouvre alors les portes entre les Neuf Royaumes et libère sur Midgard des monstruosités venues des mondes inférieurs. Venant visiter Skara dans ses rêves, Urd, la déesse tisseuse du Destin, lui explique que le seul moyen de réparer sa faute est de chasser elle-même ces créatures maléfiques. Alors seulement, Odin pourra lui pardonner. Accompagnée de Bojan, un jeune prêtre russe peu dégourdi, et de la sulfureuse sorcière Rùna, la jeune viking se lance alors dans une aventure digne des grandes sagas nordiques !
Ce premier volume nous plonge dans la mythologie nordique. Les fans de vikings, Valhallah et autres divinités du nord de l’Europe seront ravis de les croiser dans cet ouvrage. On a une proposition très colorée et un récit dynamique. Ca va très vite. On pose les bases du récit en nous présentant le personnage principal, une jeune femme dotée d’une grande force et la catastrophe actuelle avec l’arrivée sur Terre de multiples monstres.
Il y a aussi une part d’humour avec la présence d’un prêtre assez maladroit aux côtés de la demoiselle. Le trio se complète rapidement par une autre aventurière qu’ils croiseront sur leur route.
Un ouvrage pilote intéressant, affaire à suivre !
Mon avis sur Glitchs par J. Personne (Glénat BD)

Réunionnaise, Lia a quitté son île pour la grisaille de la capitale en laissant derrière elle sa mère et sa grand-mère. Mais à Paris, la jeune étudiante s’enlise dans la précarité et la solitude… Heureusement, entre les cours et son job alimentaire, Lia a trouvé sa safe place : Internet, et plus particulièrementle speedrun, l’art de finir un jeu vidéo le plus rapidement possible. Elle ne rate d’ailleurs aucun stream de Blue Fire, célèbre runneuse sur Flammie le maudit, l’adaptation retro d’une BD culte que Lia connaît par cœur. Ce refuge numérique lui permet de s’évader autant qu’il l’isole. Pendant que la colère gronde dans les rues et que de nouvelles réformes sociales et numériques menacent la jeunesse, Lia ne lâche plus sa manette. Rivée devant l’écran, elle découvre un jour un glitch inédit, un bug du jeu qui permettrait à Blue de gagner de précieuses secondes et exploser son record… De cette découverte, une amitié à distance va naître, donnant de l’espoir à Lia, tout comme à Blue, de poursuivre leurs rêves. Internet semble leur offrir leur revanche sur ce monde anxiogène qui les rejette. Cela suffira-t-il pour que Lia retrouve la force de continuer à jouer, à étudier, à militer… à vivre ?
Glitchs a énormément résonné en moi. Je me reconnaîs beaucoup dans le personnage principal. Elle fuit les problèmes du monde dans Twitch, est dans une précarité financière et sans avenir et vit loin de sa famille. Alors oui en effet l’aspect parasocial intervient avec les vidéastes que l’on regarde et oui ce sont réellement nos bulles d’air dans ce monde de plus en plus étouffant.
Plusieurs pages présentent aussi un mix de toutes les tendances néfastes des réseaux sociaux et qui polluent le cerveau.
Je n’ai pas été particulièrement marqué par le dessin mais le récit est à découvrir. C’est une très belle découverte résolument moderne que je vous recommande.
Mon avis sur Kariba par Daniel et James Clarke (Glénat BD)

Habitant sur les rives du fleuve Zambèze, Siku est une jeune fille comme les autres, à ceci près qu’elle semble dotée d’étranges pouvoirs qui la lient aux animaux de la région. Elle est sans nouvelle de son père, depuis que celui-ci est parti travailler au grand barrage de Kariba, un chantier colossal qui recrute de la main-d’œuvre dans toute la région. Pour le retrouver, Siku décide de remonter les flots périlleux du Zambèze avec l’aide d’Amedeo, le fils de l’ingénieur en chef de Kariba. Leur voyage aux sources de ce fleuve légendaire la confrontera à des pirates, des capitalistes, des affabulateurs ou de sombres magiciens. Mais il va également mener Siku au plus près du secret enfoui de ses origines…
Kariba nous plonge en Afrique et sa terre riche de mythes et légendaires centenaires. On y suit une jeune fille dotée d’étranges pouvoirs de contrôle de l’eau. Sa vie et son destin sont étroitement liés à la terre où elle réside. Mais son histoire va être perturbée par la construction d’un barrage qui met en péril la vie locale. Le récit dynamique va ainsi nous plonger au coeur de la forêt pour mettre un terme à tout cela et comprendre qui est Siku.
Une BD dynamique, riche en couleurs et avec un petit aperçu de mythes et légendes locales. Je recommande. L’éditeur français précise que Kariba a été conçu par le collectif Blue Forest pour sensibiliser les jeunes générations à la construction du barrage éponyme et aux conséquences du productivisme sur l’environnement ainsi que sur les cultures locales.
Mon avis sur La grande histoire de Picsou T2 par Don Rosa (Glénat BD)

Créé par Carl Barks en 1947, Picsou, le canard le plus riche du monde qui aime à plonger dans son coffre-fort rempli de pièces d’or, s’est rapidement imposé comme un des personnages les plus intéressants de l’univers Disney. Pingre et colérique, il est le héros de magnifiques aventures devenues aujourd’hui des classiques (cf. Les Âges d’or de Picsou). Pourtant c’est Don Rosa qui va marquer de son empreinte l’univers de Picsou. Ses récits sont un hommage constant au travail de Carl Barks dont il prolonge, complète et explique l’œuvre ; allant jusqu’à créer le fameux arbre généalogique de la famille Duck et surtout proposer l’histoire de la jeunesse de Balthazar Picsou. Avec des scénarios plus épiques et matures allant parfois jusqu’au drame, avec son style graphique complexe fourmillant de détails comiques et un ton sarcastique, Don Rosa a définitivement donné à Picsou son statut de personnage iconique.
Dans ce second opus, on retrouve 10 nouvelles histoires et 4 histoires courtes du célèbre auteur américain. Parmi celles-ci, je retiens surtout :
- La chasse au croco du Nil : notre joyeuse bande débarque en Egypte à la recherche de crocodiles légendaires avec des marquages sur leur peau. J’ai aimé l’ambiance Indiana Jones
- La quadrature de l’oeuf : Direction le Pérou afin de ramener sur leurs terres natales des poules qui pondent des oeufs carrés. Dans la Vallée de Sétatroce, tout ce qui est rond est formellement interdit. Et quand par malheur Picsou présente son sou fétiche, il enfreint la règle sacré. Reste alors aux autres canards de venir en aide à leur oncle.
- Sa majesté Balthazar 1er : Le coffre fort de Picsou serait situé sur un territoire indépendant. Ainsi, Picsou pourrait prétendre à être le souverain d’un nouvel état et se libérer des taxes américaines. Mais s’il renie sa vie initiale, alors il renie aussi à toute protection policière et militaire pour se protéger des malandrins que sont les Rapetou. Le plus avare des canards va ainsi devoir faire un choix cornéllien entre récupérer des milliards de dollars d’impôts remboursés ou sauver son argent.
- Sur un plateau d’argent : Miss Tick en veut encore et toujours au sou fétiche de Picsou. Elle va trouver le moyen de lui chaparder sans même être présente physiquement à ses côtés. Le récit offre un joli panel de gags.
- Mineur de coffre : quand Donald découvre des pièces rarissimes dans le coffre de Picsou, la folie des grandeurs va l’inviter à creuser de plus en plus bas dans le coffre quitte à mettre en péril la stabilité de la montagne métallique. Un joli pied de nez aux collectionneurs de comics (et autres hobbies) qui préfèrent conserver leurs produits sous plastique, scellé plutôt que d’en profiter. Si vous suivez Rosa sur ses réseaux vous verrez qu’il n’hésite pas à régulièrement à libérer de leur enveloppe de plastique les comics qu’il acquiert.
En page 7, la même erreur que dans le tome précédent semble s’être glissée. Il y est à nouveau fait mention du “tome 4”, alors que ce n’est que le second.
