Il y a quelques jours les éditions Archipoche m’ont fait la sympathie de m’inviter à leur conférence de presse mettant en avant leur collection Le Domaine. Celle-ci a pour but de proposer au grand public des textes entrés dans le domaine public. Au moment de la rédaction de cet article ce sont une dizaine d’ouvrages qui sont sortis pour l’instant.

A propos de la collection Le Domaine des éditions Archipoche
Olivier Philipponnat, directeur de la collection partage ces mots à propos du Domaine :
Le domaine public est une terre d’aventure. Année après année, son territoire s’agrandit, révèle des classiques oubliés, ignorés, surprenants… ou en devenir. Encore faut-il explorer ses réserves naturelles !
“Les classiques, disait Italo Calvino, sont des livres que la lecture rend d’autant plus neufs, inattendus, inouüs, qu’on a cru les connaître par ouï-dire.” Insoupçonnés, inédits, introuvables ou indisponibles, les ouvrages de la collection Le Domaine ambitionnent de compter parmi ces oeuvres qui ne se lisent pas “par devoir ou par respect, mais seulement par amour”.

Passé les portes du Domaine, des retrouvailles singulières avec de vieilles connaissances attendent le lecteur : Marcel Proust, Stefan Zweig, Mark Twain, demain Paul Léautaud, Thomas Mann ou encore Léon Werth. Ambassadeurs de la collection, ils seront aussi les parrains d’auteurs impatients de retrouver leur public : Achmed Abdullah, Ferenc Molnár, Renée Hamon, Stephen Crane…
La littérature ne s’use que si on l’on ne s’y sert pas. Vive l’extension du domaine des classiques !
Des extraits des ouvrages suivants sont disponibles sur ce lien : La Jalousie de Marcel Proust, Le Voleur de Bagdad d’Achmed Abdullah, A Coeur Perdu de Ferenc Molnár et l’Eloge du Livre de Stefan Zweig.
Nouveautés à paraître
Le 2 avril 2026, deux nouveautés sortiront dans la collection Le Domaine des éditions Archipoche.
Voici Landru ! – Chroniques judiciaires et faits divers de Colette
Rares ou introuvables, 37 impressions d’audience et autres faits divers croqués par la “vagabonde”
En avril 1912, Colette est envoyée par Le Matin à Choisy-le-Roi pour assister au siège du garage ou est retranché Bonnot, le dernier membre de la célèbre bande de criminels anarchistes. C’est le début d’une carrière de chroniqueuse judiciaire et de journaliste captivée par l’apparente banalité du fait divers, notant ce que d’autres ne voient pas, cherchant dans les traits d’un visage, dans la forme d’une main, dans la couleur et l’odeur du sang, le “sceau de la bête”.

Jusqu’en 1939, pour La Revue de Paris , Le Figaro , La République , Le Journal , Paris-Soir ou encore pour Confessions , le magazine à sensation des frères Kessel, Colette couvrira – pour ne citer que les plus fameux – les procès des derniers bandits de la bande à Bonnot (1913), du féminicide Landru (1921), du “gentleman-cambrioleur” Serge de Lenz (1922), de l’anarchiste Germaine Berton (1923), de la parricide Violette Nozière (1933), de la “veuve noire” Marie Becker (1938), de la tortionnaire Moulay Hassen (1938), ou encore du tueur en série Eugen Weidmann (1938), dernier condamné à mort exécuté en public. Elle livrera aussi ses souvenirs sur l’escroc mondain Stavisky, son voisin de l’hôtel Claridge, et sur diverses affaires plus ou moins sanglantes de l’entre-deux-guerres.
Dans ses “papiers”, impressions et croquis d’audience plus que comptes rendus, Colette, d’abord écrivain, est attentive aux ressorts de la psyché criminelle, à la dimension romanesque des forfaits les plus odieux, ainsi qu’à la physionomie, aux attitudes des justiciables et aux petits détails qu’elle est seule à remarquer.
Cette édition reproduit 37 chroniques originales, non les versions remaniées que Colette republiera dans divers recueils. Elle se complète de notices, d’un index et, parfois, des comptes rendus d’audience de ses collègues, parmi lesquels le jeune Roger Vailland et le frère de Francis Carco.
Les Plus Forts de Georges Clémenceau

Dominique Harlé, papetier de province devenu riche industriel, nourrit de hautes ambitions pour sa fille Claude. En l’offrant en mariage à quelque député parisien en vue, il espère accroître encore sa puissance, réduire au silence ses ouvriers et, peut-être, faire le bonheur de la jeune femme.
Mais comment la convaincre de trahir les idéaux d’humanité, d’humilité et de miséricorde que lui a enseignés son cher parrain, le comte Henri de Puymaufray, un aristocrate déclassé qui, de son propre aveu, a raté sa vie ? Ce miracle, le pouvoir corrupteur de l’argent pourra-t-il l’accomplir ? Harlé le croit, mais il ignore quel lien secret attache Henri à la jeune femme…
“On ne fait pas de révolution contre l’argent. Il n’y a pas de force contre les plus forts”, conclut ce roman engagé, satirique et pessimiste qui, selon Jacques Julliard, “se veut un manifeste du darwinisme social” : idée chère à Alphonse Daudet qui avait encouragé Clemenceau à l’écrire.
Il sera adapté à l’écran par Raoul Walsh sous le titre The Strongest … et interdit de projection par l’ancien chef de cabinet du Tigre en 1923 ! Tandis que se poursuit la recherche des bobines disparues de ce film mythique, Jean-Noël Jeanneney, inconditionnel de Clemenceau, signe la préface de cette réédition attendue depuis plus d’un siècle.
Découvrez les ouvrages de la collection Le Domaine des éditions Archipoche par ici.
